Beaucoup de couples connaissent par cœur les droits qu'ils ont sur l'autre et oublient ce qu'ils lui doivent. Le résultat est connu : des reproches sans fin, où chacun attend que l'autre commence. L'islam propose l'inverse : que chacun vérifie d'abord ce qu'il doit.
Des devoirs communs aux deux
Aimer l'autre et entretenir cet amour. Le mariage est fondé sur « l'affection et la miséricorde » (Coran 30:21), et l'amour se nourrit de sourires, d'attentions et de temps partagé. Interrogé sur la personne qu'il aimait le plus, le Prophète ﷺ répondit sans détour : « 'Â'icha » (al-Bukhârî, n° 3662 ; Muslim, n° 2384).
Être bon et présent dans l'épreuve. Quand le Prophète ﷺ revint bouleversé de la première révélation, Khadija le rassura et le soutint (al-Bukhârî, n° 3).
Prendre soin de soi pour l'autre. Ibn 'Abbâs disait : « J'aime me parer pour ma femme comme j'aime qu'elle se pare pour moi » (rapporté par at-Tabarî, commentaire de Coran 2:228).
Rester fidèle, avec une confiance juste, sans soupçon étouffant.
Des responsabilités propres à chacun
Le mari a la charge de l'entretien du foyer : « Elles ont droit à la nourriture et au vêtement de manière convenable » (Muslim, n° 1218). L'épouse veille sur la bonne marche du foyer et l'éducation des enfants : « La femme est bergère dans la maison de son mari et elle en sera questionnée » (al-Bukhârî, n° 893 ; Muslim, n° 1829).
Ces rôles ne sont pas des murs. Chef de famille ne veut pas dire dictateur : le mari consulte son épouse, comme le Prophète ﷺ suivit le conseil d'Umm Salama à Hudaybiya. Et il aide à la maison : « Il était au service de sa famille », raconte 'Â'icha (al-Bukhârî, n° 676).
Donner à chacun son droit
Un compagnon priait et jeûnait au point de négliger son épouse. Salmân lui dit : « Ton Seigneur a un droit sur toi, ton corps a un droit sur toi, ta famille a un droit sur toi. Donne à chacun son droit. » Le Prophète ﷺ approuva : « Salmân a dit vrai » (al-Bukhârî, n° 1968). Même la piété ne justifie pas de délaisser son conjoint.
Commencer par soi
Le Prophète ﷺ a donné ce conseil au sujet des droits bafoués : « Acquittez-vous de ce que vous devez, et demandez à Allah ce qui vous revient » (al-Bukhârî, n° 3603 ; Muslim, n° 1843). Appliqué au couple, il invite chacun à se demander chaque soir : ai-je donné ce que je devais ? La réponse change souvent l'atmosphère de la maison.
À retenir
- L'amour, la bonté et la fidélité sont des devoirs des deux côtés.
- Les rôles de chacun se vivent avec consultation et entraide.
- Commencer par ses propres devoirs apaise plus que réclamer ses droits.
Références
- Coran 2:228 ; 30:21.
- Sahîh al-Bukhârî, n° 3 (Khadija), n° 676 (au service de sa famille), n° 893, n° 1968 (Salmân), n° 3603, n° 3662.
- Sahîh Muslim, n° 1218, n° 1829, n° 1843, n° 2384.
- Synthèse inspirée des articles « Droits et devoirs du mari et de l'épouse en islam » et « Pour le mari comme pour l'épouse : considérer en priorité ses devoirs », La maison de l'islam (maison-islam.com).



