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La douceur, jamais la violence : ce que l'islam enseigne vraiment

On entend parfois que l'islam autoriserait un mari à frapper sa femme. Les textes et l'exemple du Prophète ﷺ disent tout autre chose. Cet article le rappelle, et indique quoi faire si vous subissez des violences.

L'exemple du Prophète ﷺ

'Â'icha rapporte : « Le Messager d'Allah ﷺ n'a jamais frappé personne de sa main, ni une femme, ni un serviteur » (Muslim, n° 2328). C'est le modèle que tout musulman est appelé à suivre.

Il a aussi fixé la mesure de la valeur d'un homme : « Les croyants les plus accomplis sont ceux qui ont le meilleur caractère, et les meilleurs d'entre vous sont les meilleurs envers leurs femmes » (at-Tirmidhî, n° 1162). Et il a condamné l'autorité brutale : « Le pire des bergers est celui qui est dur » (Muslim, n° 1830). Le mari est un berger pour sa famille ; ce hadith le concerne directement.

Le verset souvent cité

Le verset 4:34 est parfois utilisé pour justifier la violence. Les savants l'ont pourtant encadré strictement. Il concerne une situation grave et avérée, et non un simple désaccord. Il impose un ordre : le conseil d'abord, puis l'éloignement, et seulement ensuite un geste que de nombreux savants ont décrit comme symbolique, sans blesser ni humilier, et qu'ils jugent préférable de ne jamais utiliser. La formule répandue « frappe-la, si tu ne sais pas pourquoi, elle le sait » n'a aucun fondement.

Aucune lecture sérieuse n'autorise les coups qui blessent, les insultes, les menaces ou la terreur. Tout cela relève de l'injustice (zulm), contre laquelle le Prophète ﷺ a mis en garde : « Prenez garde à l'injustice, car l'injustice sera ténèbres le Jour de la Résurrection » (Muslim, n° 2578).

La violence n'est pas seulement physique

Contrôler l'argent pour priver l'autre, l'isoler de sa famille, l'humilier sans cesse, surveiller chacun de ses gestes : ce sont aussi des violences. Elles contredisent l'ordre coranique : « Comportez-vous envers elles de manière convenable » (Coran 4:19).

Si vous subissez des violences

Vous n'êtes pas coupable, et vous n'avez pas à « patienter » face au danger. L'islam permet à une femme maltraitée de demander la séparation : une épouse de Thâbit ibn Qays, qui avait été frappée, obtint du Prophète ﷺ d'être séparée de lui (Abû Dâwûd, n° 2228). Parlez-en à une personne de confiance. En France, le 3919 écoute les victimes de violences, gratuitement et anonymement ; en cas de danger immédiat, appelez le 17 ou le 112. Sur Dewalya, signalez tout propos menaçant.

À retenir

  1. Le Prophète ﷺ n'a jamais frappé une femme.
  2. Les coups, les insultes et la terreur sont une injustice, pas un droit.
  3. Face à la violence, chercher de l'aide et se protéger est légitime.

Références

  1. Coran 4:19 ; 4:34.
  2. Sahîh Muslim, n° 2328 (il n'a jamais frappé une femme), n° 1830 (le berger dur), n° 2578 (l'injustice).
  3. Sunan at-Tirmidhî, n° 1162 (les meilleurs envers leurs femmes).
  4. Sunan Abî Dâwûd, n° 2228 (séparation d'une épouse frappée).
  5. Synthèse inspirée de l'article « Le Coran et la Sunna n'autorisent pas le mari à battre son épouse », La maison de l'islam (maison-islam.com).
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