Vie de couple

Mieux se comprendre : traverser les désaccords avec sagesse

Aucun couple ne vit sans désaccord. Le but n'est donc pas de les supprimer, ce qui produit surtout des non-dits, mais de les traverser sans abîmer la relation.

La règle générale : la bienveillance

Le Coran pose un principe avant tout détail : « Et comportez-vous envers elles de manière convenable » (Coran 4:19). Le même verset ajoute : « Il se peut que vous ayez de l'aversion pour une chose alors qu'Allah y a placé un grand bien. » Le Prophète ﷺ l'a traduit en conseil concret : « Qu'un croyant ne déteste pas une croyante : si un trait de caractère lui déplaît, un autre le satisfera » (Muslim, n° 1469).

La douceur de la parole

Allah a ordonné à Moïse et Aaron de parler avec douceur à Pharaon (Coran 20:44). Si la douceur est demandée face au pire des interlocuteurs, elle l'est à plus forte raison entre époux. Et le Coran rappelle au Prophète ﷺ : « Si tu avais été rude et dur de cœur, ils se seraient dispersés loin de toi » (Coran 3:159). La dureté ne convainc pas, elle éloigne.

Quatre habitudes qui aident

Exprimer un besoin plutôt qu'un reproche : « j'ai besoin qu'on en parle ce soir » ouvre la porte, « tu ne fais jamais attention » la ferme.

Écouter sans préparer sa réponse, en acceptant un moment de ne pas avoir raison.

Reporter la discussion quand la colère monte : « Le fort est celui qui se maîtrise dans la colère » (al-Bukhârî, n° 6114 ; Muslim, n° 2609). Une conversation remise d'une heure n'est pas une conversation évitée.

Refermer vraiment : une faute pardonnée ne se ressort pas au conflit suivant.

Ce qui n'a pas sa place

« Évitez de trop conjecturer, car une partie des conjectures est péché. Ne vous espionnez pas et ne médisez pas les uns des autres » (Coran 49:12). Dans le couple, cela vise trois habitudes : prêter à l'autre des intentions non vérifiées, fouiller son téléphone et raconter à l'extérieur ce qui doit rester à l'intérieur.

Quand le blocage dure

Le Coran prévoit un recours : « Si vous craignez le désaccord entre les deux, envoyez un arbitre de sa famille à lui et un arbitre de sa famille à elle. Si les deux veulent la réconciliation, Allah rétablira l'entente entre eux » (Coran 4:35). Faire appel à un tiers n'est pas un aveu d'échec, c'est la voie prévue. Et le principe est posé clairement : « La réconciliation est meilleure » (Coran 4:128).

À retenir

  1. Un désaccord bien traversé rapproche plus qu'une paix de façade.
  2. La douceur, l'écoute et le pardon sincère sont des méthodes, pas des faiblesses.
  3. Demander l'aide de deux sages des deux familles est la voie coranique.

Références

  1. Coran 3:159 ; 4:19 ; 4:35 ; 4:128 ; 20:44 ; 49:12.
  2. Sahîh Muslim, n° 1469 (ne pas réduire l'autre à un défaut).
  3. Sahîh al-Bukhârî, n° 6114 ; Sahîh Muslim, n° 2609 (maîtriser sa colère).
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