Le Coran raconte en quelques versets (Coran 28:22 à 28) l'une des plus belles histoires de mariage. Elle montre la galanterie, la pudeur, la parole d'un père et la sagesse d'une jeune femme.
Un homme en fuite
Moïse a quitté l'Égypte, seul et démuni. Il marche vers Madian en disant : « Il se peut que mon Seigneur me guide sur le droit chemin. » Arrivé au point d'eau, il voit des bergers abreuver leurs troupeaux, et deux jeunes femmes qui attendent à l'écart avec leurs bêtes. Elles lui expliquent qu'elles ne peuvent pas passer avant que les bergers aient fini, et que leur père est très âgé.
Moïse abreuve leurs bêtes, puis se retire à l'ombre et prie : « Seigneur, j'ai grand besoin du bien que Tu feras descendre vers moi » (Coran 28:24). Il aide sans rien attendre, et confie son besoin à Dieu seul.
La pudeur et la parole juste
L'une des deux revient, « marchant avec pudeur », et lui dit : « Mon père t'invite pour te récompenser d'avoir abreuvé nos bêtes » (Coran 28:25). Les commentateurs rapportent que Moïse lui demanda de marcher derrière lui et de lui indiquer le chemin, par respect pour elle.
La jeune femme dit alors à son père : « Ô mon père, engage-le. Le meilleur à engager, c'est celui qui est fort et digne de confiance » (Coran 28:26). En deux mots, elle résume ce qu'on devrait chercher chez un conjoint : la capacité et l'honnêteté.
Une proposition claire
Le père propose : « Je voudrais te marier à l'une de mes deux filles, à condition que tu travailles pour moi huit ans. Si tu en fais dix, ce sera de ta part. Je ne veux rien t'imposer de pénible » (Coran 28:27). Moïse accepte : « Qu'il en soit ainsi entre toi et moi, et Allah est garant de ce que nous disons » (Coran 28:28). Selon Ibn 'Abbâs, il accomplit le plus long des deux termes, les dix années (rapporté par al-Bukhârî).
Ce que l'histoire enseigne
Un père peut proposer sa fille à un homme de bien : l'initiative n'est pas honteuse. Les critères sont clairs : la force et la confiance. L'accord est explicite, sans flou ni pression. Et tout commence par un service rendu sans calcul, suivi d'une prière sincère. Celui qui aide sans rien attendre et se tourne vers Dieu dans son besoin trouve souvent plus qu'il n'espérait.
À retenir
- « Fort et digne de confiance » : deux critères qui résument un bon conjoint.
- La pudeur et la galanterie de Moïse ont précédé toute demande.
- Un accord clair et bienveillant est la base d'un mariage béni.
Références
- Coran 28:22 à 28.
- Sahîh al-Bukhârî, récit d'Ibn 'Abbâs sur le terme accompli par Moïse.
- Synthèse inspirée de l'article « Jethro le Madianite proposant l'une de ses deux filles en mariage à Moïse », La maison de l'islam (maison-islam.com).


