Vie de couple

Quand le couple vacille : réparer d'abord, se séparer en dernier recours

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L'islam veut que le mariage dure. Il ne l'enferme pas pour autant dans l'impossible : quand la vie commune devient insupportable, la séparation est permise. Entre les deux, il prévoit un chemin précis.

Ne pas confondre une baisse et une rupture

Tous les couples traversent des périodes où les sentiments semblent faiblir. Une baisse passagère n'est pas une aversion profonde. Il ne faut pas prendre dans la précipitation une décision qui engage toute une vie. La plupart des divorces évitables naissent de petites querelles jamais refermées.

Les étapes avant la séparation

Se parler, se pardonner, faire des concessions. Puis, si le blocage dure, faire appel à deux arbitres : « envoyez un arbitre de sa famille à lui et un arbitre de sa famille à elle. Si les deux veulent la réconciliation, Allah rétablira l'entente entre eux » (Coran 4:35).

Le divorce, s'il vient, obéit à des règles qui empêchent la précipitation. Le Prophète ﷺ a interdit de le prononcer sous l'emprise d'une colère qui fait perdre le contrôle (Abû Dâwûd, n° 2193). Il s'est fâché contre un homme qui avait prononcé trois divorces d'un coup (an-Nasâ'î, n° 3401). Un seul divorce laisse la porte ouverte au retour : « Tu ne sais pas : peut-être qu'Allah fera survenir quelque chose de nouveau » (Coran 65:1).

La femme peut aussi demander la séparation

Jamîla, épouse de Thâbit ibn Qays, vint dire au Prophète ﷺ qu'elle n'avait rien à reprocher à la religion ni au caractère de son mari, mais qu'elle ne pouvait plus vivre avec lui. Le Prophète ﷺ lui demanda de rendre le verger reçu en dot et demanda au mari de la laisser partir (al-Bukhârî, n° 5273). C'est le khul'.

Une femme peut aussi s'adresser à une autorité compétente pour des motifs graves : violence, abandon, refus de l'entretenir. Le mariage forcé, lui, peut être annulé (al-Bukhârî, n° 5138).

Se séparer dignement

« Soit on la garde de façon convenable, soit on la libère avec bonté » (Coran 2:229). La séparation n'autorise ni l'humiliation, ni le chantage par les enfants, ni la rétention de ce qui est dû. Le célèbre hadith « la chose licite la plus détestée d'Allah est le divorce » a une chaîne discutée ; son idée générale est juste, mais il ne doit jamais servir à culpabiliser une personne divorcée.

À retenir

  1. Une période difficile n'est pas une fin ; réparer passe en premier.
  2. Arbitres, réflexion et un seul divorce : l'islam freine la précipitation.
  3. Quand elle devient nécessaire, la séparation se fait avec bonté.

Références

  1. Coran 2:229 ; 4:35 ; 65:1.
  2. Sunan Abî Dâwûd, n° 2193 (pas de divorce dans la colère).
  3. Sunan an-Nasâ'î, n° 3401 (trois divorces d'un coup).
  4. Sahîh al-Bukhârî, n° 5273 (le khul' de Jamîla) et n° 5138 (mariage forcé annulé).
  5. Synthèse inspirée des articles « Comment l'islam perçoit-il le divorce ? » et « Le recours au divorce est-il accessible à la femme en islam ? », La maison de l'islam (maison-islam.com).
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