Mariage

Les finances du couple en islam : clarté, équité et responsabilité

Le cadre financier du mariage musulman est souvent mal connu de ceux qu'il protège. Il repose sur trois règles distinctes : la dot, l'entretien du foyer et la séparation des biens.

La dot : un droit de l'épouse

« Et donnez aux épouses leur dot, de bonne grâce » (Coran 4:4). La dot appartient à l'épouse seule. Ni son père, ni sa famille, ni son mari n'y ont droit. Elle n'est pas le prix d'une personne : c'est un cadeau qui engage.

La tradition encourage la modération. Un homme qui ne possédait rien fut marié par le Prophète ﷺ contre ce qu'il connaissait du Coran (al-Bukhârî, n° 5087 ; Muslim, n° 1425). 'Umar ibn al-Khattâb mit en garde contre les dots excessives (Abû Dâwûd, n° 2106 ; at-Tirmidhî, n° 1114). Le récit, très répandu, d'une femme qui l'aurait contredit publiquement sur ce point figure dans d'autres ouvrages, avec une chaîne jugée faible.

L'entretien : la charge du mari

Le logement, la nourriture, les vêtements et les soins reviennent au mari, selon ses moyens réels : « Que celui qui est aisé dépense de sa fortune, et que celui dont les biens sont restreints dépense selon ce qu'Allah lui a donné » (Coran 65:7). Le verset oblige celui qui a et décharge celui qui n'a pas.

Ce devoir est concret. Hind bint 'Utba se plaignit que son mari ne lui donnait pas assez. Le Prophète ﷺ lui répondit : « Prends ce qui te suffit, à toi et à tes enfants, de manière convenable » (al-Bukhârî, n° 5364 ; Muslim, n° 1714).

Les biens de l'épouse restent les siens

« Aux hommes la part qu'ils ont acquise, et aux femmes la part qu'elles ont acquise » (Coran 4:32). Une épouse qui travaille n'est pas tenue de participer aux charges. Si elle le fait, c'est un don, et il est récompensé deux fois : Zaynab, épouse d'Ibn Mas'ûd, reçut du Prophète ﷺ cette réponse au sujet de ce qu'elle donnait à son mari : « Elle a deux récompenses, celle du lien de parenté et celle de l'aumône » (al-Bukhârî, n° 1466 ; Muslim, n° 1000).

En Europe, le régime matrimonial civil ne correspond pas forcément à ce cadre. Les deux méritent d'être étudiés ensemble.

Écrire ce qui est convenu

Avant l'engagement, mettez par écrit le montant et l'échéance de la dot, la répartition des charges, les dettes de chacun, l'aide envoyée à la famille et ce qui se passerait en cas de perte d'emploi. L'argent du couple est un dépôt de confiance : « Allah vous commande de rendre les dépôts à leurs ayants droit » (Coran 4:58).

À retenir

  1. La dot appartient à l'épouse, et la modération est la Sunna.
  2. L'entretien du foyer incombe au mari, selon ses moyens.
  3. Les biens de chacun restent les siens ; ce qui est donné l'est librement.

Références

  1. Coran 4:4 ; 4:32 ; 4:58 ; 65:7.
  2. Sahîh al-Bukhârî, n° 5087 ; Sahîh Muslim, n° 1425 (dot modeste).
  3. Sunan Abî Dâwûd, n° 2106 ; Sunan at-Tirmidhî, n° 1114 (mise en garde de 'Umar).
  4. Sahîh al-Bukhârî, n° 5364 ; Sahîh Muslim, n° 1714 (le droit de Hind).
  5. Sahîh al-Bukhârî, n° 1466 ; Sahîh Muslim, n° 1000 (la double récompense).
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